L'assurance annulation de voyage

Une assurance annulation rembourse les sommes versées pour un voyage qu'on ne peut pas effectuer, quand la cause figure au contrat. Tout le sujet est là : elle ne couvre pas l'annulation, elle couvre une liste de motifs. Un contrat se juge sur cette liste et sur les exclusions qui l'accompagnent, jamais sur le prix seul.
Souscrire au bon moment
L'assurance annulation doit être souscrite au moment de la réservation, ou dans les jours qui suivent, souvent sept, parfois 24 heures. Passé ce délai, elle n'est plus proposée, et pour une raison simple : la garantie n'a de sens que si l'événement redouté n'est pas encore prévisible. Une maladie déjà déclarée, un litige déjà engagé, une grossesse déjà connue tombent dans les exclusions.
Les motifs habituellement garantis
Le socle est constant d'un contrat à l'autre : maladie, accident ou décès de l'assuré, d'un proche parent ou de la personne qui devait l'accompagner ; licenciement économique notifié après la souscription ; convocation administrative ou judiciaire non reportable ; sinistre grave au domicile ou dans les locaux professionnels ; refus de visa, sous conditions ; mutation professionnelle imposée.
Les formules plus complètes ajoutent la modification des dates de congés par l'employeur, la défaillance du moyen de transport à l'aller, l'obtention d'un emploi quand on était au chômage, ou encore l'annulation pour cause d'intempéries à destination. Chacune de ces extensions se paie.
Ce qui n'est presque jamais couvert
Le changement d'avis, d'abord, c'est l'objet des formules dites « toutes causes », qui remboursent partiellement, souvent à 75 ou 80 %, et coûtent nettement plus cher. Ensuite : les affections préexistantes non déclarées, les états psychologiques sans hospitalisation, la grossesse au-delà d'un certain terme, les sports à risque, les épidémies et pandémies dans la plupart des contrats rédigés avant 2020 et dans beaucoup rédigés depuis, les décisions administratives des autorités du pays de destination, et les défaillances de l'organisateur, qui relèvent d'une autre garantie.
Attention aussi aux plafonds par personne et par événement, et à la franchise : un contrat qui laisse 100 euros à charge par personne réduit sensiblement l'intérêt sur un séjour court.
Combien ça coûte
Un contrat annulation seul se situe généralement entre 3 et 6 % du prix du voyage ; une formule multirisque, qui ajoute assistance rapatriement, bagages et interruption de séjour, entre 5 et 8 %. Au-delà, le rapport se dégrade. Sur un séjour à 3 000 euros, la différence entre deux formules atteint vite 100 euros, soit moins que la franchise de la formule la moins chère.
Avant de souscrire, un réflexe fait souvent économiser : vérifier ce que couvre déjà la carte bancaire. Les cartes haut de gamme incluent une garantie annulation à condition que le voyage ait été payé avec la carte, avec des plafonds parfois suffisants. La double assurance ne double pas le remboursement.
Déclarer un sinistre
Le délai de déclaration est court, 5 jours ouvrés dans la plupart des contrats, et il court à partir de la survenance de l'événement, pas de la date de départ. Il faut prévenir l'organisateur du voyage en même temps : l'indemnisation porte sur les frais réellement retenus, et ces frais augmentent avec le retard.
Le dossier réclame le contrat, les factures et le justificatif de paiement, la preuve du motif, certificat médical, notification de licenciement, convocation, et le décompte des frais d'annulation établi par l'organisateur. Un certificat médical qui ne mentionne pas l'incompatibilité avec le voyage est le motif de refus le plus fréquent.